Et le cœur fume encore*

Cie Nova
*Ancien titre : J'ai la douceur du peuple effrayante au fond du crâne

Festival Off d'Avignon 2019

Au 11 • Gilgamesh Belleville
Du 5 au 26 juillet - à 18h05

Création 2019
Distribution
Conception, montage et écriture : Alice Carré et Margaux Eskenazi
Avec des extraits de : Kateb Yacine, Assia Djebar, Jérôme Lindon et de Le Cadavre encerclé de Kateb Yacine et la préface d’Edouard Glissant, publiés par les Éditions du Seuil
Mise en scène : Margaux Eskenazi
Avec : Armelle Abibou, Loup Balthazar, Malek Lamraoui, Yannick Morzelle, Raphael Naasz, Christophe Ntakabanyura et Eva Rami
Collaboration artistique : Alice Carré
Espace : Julie Boillot-Savarin
Lumières : Mariam Rency
Création sonore : Jonathan Martin
Costumes : Sarah Lazaro
Vidéo : Mariam Rency et Jonathan Martin
Régie générale et lumières : Marine Flores
Avec les voix de : Paul Max Morin, Nour-Eddine Maâmar et Eric Herson-Macarel
Publics
à partir de 12 ans
Durée
1h45
Médiation
Ateliers et interventions : nous consulter
Mentions
Production : La Compagnie Nova et FAB - Fabriqué à Belleville
Avec le soutien : du Conseil Régional d’Ile-de-France, de la ville des Lilas, du Conseil Départemental du 93, de Lilas-en-Scène, de la Ferme Godier (dans le cadre de la résidence action et territoire de la DRAC Ile-de-France), du Studio Théâtre de Stains, du Collectif 12, du Centre Culturel de la Norville, d’Arcadi, de la Région Ile-de-France et de la Grange Dîmière à Fresnes, de la fondation E.C Art Pomaret, de la SPEDIDAM
Avec la participation artistique : du Jeune théâtre national
Remerciements : La Compagnie Nova remercie chaleureusement pour leur témoignages, confidences, dialogues et confiance toutes les personnes que nous avons rencontrées et qui nous ont permis de créer ce spectacle : Abdel-Ghani, L’Académie française, Kemal Alloula, Rachid Aous, Association les 4 ACG, Malek Bensmaïl, Raphaëlle Branche, Anna Brugnacchi, Olivia Burton, le Centre culturel algérien de Paris, le Cercle algérianiste de Marseille, Kevin Durst, Les Editions de Minuit, L'équipe du Collectif 12, Najib El Arouni, Annie Eskenazi, Frédéric Fachena, Sylvie Glissant, Alyne Gonzalès, Sarra Grira, Lazare Herson-Macarel, Stanislas Hutin, Amine Khaled, Luc Khiari, Ghislain Levy, Paul Max Morin, Nicolas Morzelle, Michel Naman, Raphael Naman, Robert Naman, Kamel Ouarti, Claire Ollivier, Rahim Rezignat, Benjamin Stora, L'équipe du Studio Théâtre de Stains, Claudie Tabet, Salima Tenfiche
Crédit photo : ©Loïc Nys - Sileks

Écrire en pays dominé, volet 2

Après Nous sommes de ceux qui disent non à l'ombre (création 2017),
Et le cœur fume encore est le second volet d’une investigation théâtrale sur les écritures et les poétiques de la décolonisation pour penser nos identités françaises et l'amnésie coloniale.

Le spectacle. Traversée kaléidoscopique des mémoires de la guerre d'Algérie, le spectacle s’est construit autour de témoignages, recueillis auprès des familles, de proches, de voisins de l’équipe artistique. Investigation passant du témoignage au jeu, du réel à la fiction, de la poésie de Kateb Yacine ou Assia Djebar à l’histoire, Et le cœur fume encore cherche à déterrer les récits de cette guerre si longtemps refoulée, pour lire à travers eux les fractures sociales et politiques de la France d’aujourd’hui.

Extraits de presse

Médiapart : « D’une grande force scénique. »

Le Monde (blog) : « Remarquablement maîtrisé. »

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NOTE DE MISE EN SCENE


Après avoir travaillé plus de deux ans à la conception, à l’écriture et à la mise en scène du projet Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre (récit de la négritude à la créolité) c’est logiquement que la forme d’un diptyque s’est imposée. Et le cœur fume encore est le second volet d’une investigation théâtrale sur les écritures et les pensées de la décolonisation pour penser nos identités françaises et les oublis de sa mémoire.

Nous esquissions dans Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre une ode aux langues françaises créolisées, aujourd’hui nous poursuivons notre exploration des territoires de la nation française. Edouard Glissant - dont la philosophie du Tout-Monde clôturait le précédent spectacle - a préfacé Kateb Yacine et a reconnu Nedjma comme le grand roman de la révolution algérienne et le comparait au mouvement de la langue de Césaire, construisant un peuple en même temps qu’elle élabore sa grammaire. Dans ce second volet nous écrivons une traversée des mémoires, des littératures et des résistances de l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui, pour dessiner un des visages de la nation française dans laquelle nous avons grandi, faite d’exils, de métissages, d’imaginaires et de violences tues. Le point de départ du travail est le constat des amnésies coloniales qui ont entouré notre parcours familial et scolaire. Nous partons des silences entourant la guerre d’Algérie qui jonchent chaque famille à quelques exceptions près : enfants issus de l’immigration, petits-enfants de soldats du contingent, appelés ou militaires de métiers, anciens membres de l’OAS, enfants du FLN, fils ou filles de harkis, petits-enfants de pieds-noirs... Constatant que nos propres histoires familiales étaient imprégnées de l’histoire de l’Algérie, il nous fallait réveiller les mémoires pour définir nos identités.

Margaux Eskenazi