Iliade

Cie À Tire-d'aile
Classique contemporain

Une plongée au coeur de la mythologie

Création 2015



Prix des Lycéens
festival Impatience 2016


Ce spectacle sera présenté
au Festival d'Avignon 2016.


Tous les jours à 21h20,
à La Manufacture.
(du 6 au 24 juillet)

Distribution
Adaptation et mise en scène : Pauline Bayle d'après Homère
Mise en scène : Pauline Bayle
Avec : Charlotte van Bervesselès, Florent Dorin, Jade Herbulot (en alternance avec Pauline Bayle), Alex Fondja, Yan Tassin
Scénographie : Camille Duchemin
Lumières : Pascal Noël
Costumes : Camille Aït
Publics
Tout public et scolaire à partir de 11 ans
Durée
Tout public : 1h30
Scolaire : 1h20
Médiation
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Mentions
Coproductions et soutiens : Compagnie À Tire-d'aile, le Théâtre de Belleville, Label Saison.
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. Avec le soutien du Plateau 31 - Fabrique de culture de Gentilly, du Shakirail et de l'association Rue du Conservatoire - Élèves et Anciens Élèves du CNSAD
Crédit photo : Pauline Le Goff

Une adaptation puissante

Dans un élan commun, cinq acteurs mêlent leurs voix pour raconter les histoires d'Achille, Hélène, Andromaque, Hector et Agamemnon. Sur scène, tous s'affranchissent des clichés opposant hommes et femmes, lâches et braves, pour venir s'accomplir dans un geste bouleversant d'humanité.

La pièce. D'un côté les Grecs, de l'autre les Troyens et entre les deux une guerre qui dure depuis neuf ans. Parce qu'Agamemnon l'a humilié devant tous ses compagnons, Achille décide de se retirer du combat. Privés de leur meilleur guerrier, les Grecs vacillent tandis que les Troyens gagnent du terrain... Comment faire pour gagner la guerre sans Achille ?

Pauline Bayle signe l'adaptation de cette épopée immémoriale où les destins s'entremêlent dans un mouvement allant de la colère teintée de fer à la compassion trempée de larmes.

Aujourd'hui, alors que l'Europe traverse une crise politique majeure, elle nous fait réentendre la voix d'Homère, lui qui nous parle de l'oppression sans jamais tomber dans le manichéisme et met en lumière toute l'amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes. Parce qu'il n'y a pas de héros, seulement des hommes prêts à tout pour échapper à la souffrance.

Extraits de presse

La Terrasse : « Pauline Bayle adapte L’Iliade avec une intelligence scénique et dramaturgique éblouissante. Elle s’installe, en compagnie des cinq jeunes comédiens qu’elle dirige, dans la cour des grands. Un remarquable spectacle ! [...] La mise en scène cache sa sophistication sous une apparence économe et simple et l’ensemble fait naitre des images magnifiques et révèle un sens aigu du rythme et de l’enchainement. Ce spectacle témoigne de l’éclatant talent des jeunes gens qui l’interprètent et le dirigent : à ne manquer sous aucun prétexte ! »

Le Masque et la Plume / France Inter : « C'est très simple, très clair, très limpide. C'est assez remarquable cet Iliade mis en scène par Pauline Bayle. »

La Croix : « Ils font entendre avec une énergie superbe ce chant de guerre et de mort […] Une force épique à couper le souffle. »

Le Figaroscope : « Une fougue, un engagement, une nécessité à jouer qui forcent le respect. »

Pariscope : « La puissance, l'investissement et le plaisir du jeu contagieux des cinq comédiens savent nous emporter avec cette histoire qu'on pensait pourtant déjà connaître sur le bout des doigts. »

Hier au Théâtre : « La metteur en scène condense avec brio la poésie homérique, servie par un quintette de jeunes comédiens très investis. […] Courez les applaudir ! »

Théâtre Actu : « Les cinq comédiens nous embarquent dans ce récit époustouflant avec une simplicité étonnante. »

Théâtoile : « Un vent de modernité et une touche d’originalité pour une représentation de qualité à découvrir sans plus attendre. »

SNES : « Un spectacle plein du sang et de la fureur de la guerre, qui éblouit par l’inventivité de la mise en scène et le talent de ces jeunes acteurs. »

Les5pièces.com : « Hommage à ces comédiens, qui font de leurs corps et de leurs voix un terrain de jeu d’une finesse sans égale »

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NOTE DE MISE EN SCENE


24 chants et 15 337 vers pour raconter six jours et six nuits d'une guerre qui dure depuis neuf ans et ne se terminera qu'un an plus tard.

De prime abord, il semblerait qu'Homère nous montre comment la guerre permet aux hommes d'échapper à leur condition de mortels : en allant puiser en eux le courage de se dépasser et de faire face à la mort, ils accèdent à l'éternité.
Cependant, au fil des pages se dessine une tout autre vision du monde, empreinte de mesure et d'humanisme. Très vite la question se pose : et si le poète convoquait la force des hommes pour mieux nous parler de leurs faiblesses ? Ainsi le coeur de L'Iliade ne serait pas seulement fait de la gloire des êtres humains, mais aussi de l'amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes.

Le point de départ de la scénographie est celui de la simplicité afin de laisser toute sa place au récit et à la langue. Seulement le strict nécessaire pour laisser agir la puissance de l'imaginaire chez le spectateur et met en exergue la puissance du récit homérique.

Le texte d'Homère fait l'apologie d'une virilité exacerbée traditionnellement propre au genre masculin, tandis que les femmes y trouvent leur légitimité à travers leurs rôles d'épouses et de mères. S'affranchissant de cette vision archaïque des deux sexes, la distribution des rôles procède à des glissements de genre. Ce parti-pris a pour objectif de questionner les notions de « féminité » ou de « virilité » au centre de nos cultures, et d'interroger les fonctions sociales antagonistes assignées aux hommes et aux femmes dans la sphère privée et la vie publique.

D'une manière plus générale et au-delà de la question du genre, c'est celle de la représentation du héros qui se pose. Est-il vraiment ce garçon grand, beau et fort que la statuaire antique hier et les films hollywoodiens aujourd'hui ont contribué à créer ? Un stéréotype qui, parmi plusieurs écueils, coupe les personnages de leur fondation organique. L'Iliade renferme un matériel inouï de profondeur et de force si l'on redonne à ses héros le statut qu'il mérite : celui d'un être humain fait de chair et de sang.

Il n'y a pas « une » Iliade mais bien plusieurs Iliade qui coexistent au sein de l'œuvre d'Homère. Ainsi, les scènes de combats nous sont racontées au cours de longues descriptions aussi objectives et que sanglantes tandis que des dialogues déchirants et tragiques restituent les clivages entre les différents protagonistes. D'une manière plus surprenante, les dieux apparaissent à plusieurs reprises sous un jour vaudevillesque et comique, et sont sans cesse ramenés à leurs conditions de créatures imparfaites et pleines de défauts. Bien mises en perspective, ces failles se révèlent savoureuses et permettent d'adopter un ton plus léger, enlevé et drôle.

Oui, il y a bien une part de comédie à mettre en exergue dans L'Iliade, et cet aspect contribue à déployer la richesse de l'œuvre dans son intégralité. La circulation d'un niveau de jeu à l'autre crée une dynamique à la fois surprenante et réjouissante.

Pauline Bayle