Pinocchio

Cie Caliband Théâtre
Conte moderne

D'après l'adaptation de Lee Hall

Présenté au OFF du Festival d’Avignon 2013.
Soutien à la diffusion de l'ONDA.
Distribution
Adaptation : Lee Hall et Mathieu Létuvé
Traduction : Bruno Bayen
Conception et mise en scène : Marie Mellier et Mathieu Létuvé
Distribution : Stéphane Hervé, Mathieu Létuvé, Jean-François Levistre, Lauren Toulin
Publics
Scolaire/jeune public à partir de 7 ans
Durée
1h10
Médiation
Bord de scène
Interventions pédagogiques
Mentions
Coproduction : L'Archipel Scène conventionnée de Granville, La Rotonde Commediamuse de Petit-Couronne, Le Rive Gauche Scène conventionnée pour la danse de Saint-Etienne du Rouvray, le Théâtre des Chalands de Val de Reuil, Le Moulin et la Ville de Louviers
Aides à la création : Région Haute-Normandie, Département de Seine-Maritime, Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Haute-Normandie, ADAMI
Aides à la diffusion : ODIA Normandie, Département de l'Eure
Crédit photo : Marie Mellier

Un polar déjanté

Une adaptation qui plonge le spectateur dans les affres d'un récit initiatique à la croisée des genres : du film de science-fiction aux rêveries brumeuses et électriques des films noirs.

La pièce. On retrouve le corps inanimé d'un pantin : Pinocchio. Pour l'inspecteur qui mène l'enquête, la liste des suspects comprend notamment un certain Renard, une petite fripouille des bas quartiers flanquée d'une Chatte fantasque. Chaque témoin convoque l'histoire à coups de flashbacks. Mais qui dit la vérité ?

Difficile d’y voir clair dans cette sombre affaire de manipulation, où chacun semble jouer un jeu, où tout est fauxsemblant, miroir aux alouettes. Comme toutes les enquêtes, celle-ci traîne son lot de secrets, de révélations, de rebondissements et de péripéties.

Comme dans tout bon polar, l’atmosphère y est particulière, et la tension maximale. Surtout quand il s’avère en fait que le petit pantin n’est pas mort, et que l’enquêteur-narrateur n’est autre que la fée bleue. Le suspense prend alors une autre tournure, et devient de plus en plus fantastique.

Ce grand texte, comme tous les textes fondateurs, continue de nous interpeller car il touche à l’enfance, aux mythes : la création, la métamorphose, la chute, la mort et la résurrection…

Ce monde imaginaire devient ici une sorte de polar féérique qui nous plonge dans les affres d’un récit initiatique. C’est un fantasme sur l’enfance, une fantasmagorie sur le monde ; ou tout simplement, à travers ce chemin du virtuel au réel, une fable sur notre difficulté à être des « hommes ».



Marie Mellier et Mathieu Létuvé

Extraits de presse

Vivantmag : « L'ensemble est très surprenant et très novateur. »

Le Stéphanais : « Un polar à déguster en famille. »

La Presse de la Manche : « A la fois magique et beau. »

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NOTE DE MISE EN SCENE

A la lecture du Pinocchio adapté par Lee Hall, cette mort qui clôt le premier acte, traité par l’auteur de façon grandguignolesque, nous a semblé marquante. Nous avons eu envie de croiser l’univers de la fable du Pinocchio avec le genre du polar. Car il nous semblait que beaucoup de choses se recoupaient : récit initiatique et quête d’identité, galerie de personnages en marge, monde interlope, rebondissements, suspense… Et comme souvent avec les fables pour enfants, le récit de Collodi, l'auteur original, est en réalité assez cru, comme peut l’être l’univers du polar.

L’histoire se déroule en partie dans un décor brut et citadin. L’éclairage se fait sur ou à travers les éléments de décor. Néons, rampes de lumières ou de projecteurs évoquent les ambiances froides, les rêveries brumeuses et obscures, aux couleurs électriques des films noirs ou de science-fiction.

Le renversement dramatique de la résurrection de Pinocchio, au milieu de la pièce, nourrit un nouveau départ, plus onirique encore et plus merveilleux et un nouveau suspense dans le récit. Le pantin doit encore sauver son père pour devenir un « vrai p’tit mec ».

La transposition théâtrale de Lee Hall est à la fois très fidèle, et totalement inspirée. Son style, vivant et percutant, continue de nourrir toutes sortes de références. Il est en même temps très cru, comme l’est le récit originel. Et il précise encore, en les servant au mieux, la modernité et la théâtralité du récit.

La force du Pinocchio de Collodi réside dans ces multiples niveaux de lecture et d’approches. Ainsi, ce héros parle aux petits comme aux grands. Qu’il tremble en suivant les aventures de la marionnette, ou qu’il s’attache aux vérités caustiques qui s’en dégagent, le public s’aventure avec lui dans un univers teinté d’une l’ironie légère, émaillé par une galerie de personnages inoubliables, tenu en haleine par un rythme narratif parfaitement maitrisé.

Marie Mellier et Mathieu Létuvé