Pronom

Le groupe vertigo
Festival Off d'Avignon 2019

Au 11 • Gilgamesh Belleville
Du 5 au 26 juillet - à 18h30

Création 2018


www.legroupevertigo.net

Spectacle surtitré en anglais



Distribution
Texte : Evan Placey
Traduction : Adélaïde Pralon
Adaptation et mise en scène : Guillaume Doucet
Régie générale : Bérangère Notta
Avec : Geraud Cayla, Jeanne Lazar, Marie Levy, Guillaume Trotignon, Morgane Vallée, Chloé Vivarès, avec la participation de Glenn Marausse
Création et régie lumière : Nolwenn Delcamp-Risse (alternance régie Adeline Mazaud)
Création et régie son : Maxime Poubanne (alternance régie Pierre-Alexis Rouillé)
Costumes : Anna Le Reun
Dramaturgie : Tom Boyaval
Création vidéo : Guillaume Kozakiewiez et Pierre-Yves Dubois
Publics
à partir de 13 ans
Durée
1h35
Médiation
Ateliers et interventions : Nous consulter
Mentions
Production : Le groupe vertigo
Coproduction : L'Archipel, pôle d'action culturelle – scène de territoire pour le théâtre de Fouesnant-les Glénan, La Paillette de Rennes, Centre Culturel Jacques Duhamel de Vitré, Centre culturel de la Ville de Montfort sur Meu et Théâtre du Pays de Morlaix
Avec le soutien de : Festival NovAdo - Maison des jeunes et de la culture de Rodez, Théâtre de la Tête Noire de Saran, Centre culturel Athéna de Ville d’Auray Et de l'Adami, du Fonds SACD théâtre, de la SPEDIDAM et de la DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT)
Avec la participation artistique : du Fonds d'Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes-Côtes d'Azur ; Avec le dispositif d’insertion de l’Ecole du Nord, soutenu par la Région Hauts-de-France et la DRAC Hauts-De-France ; et du Fonds d’Insertion pour Jeunes Comédiens de l’ESAD – PSPBB
Avec l'aide de : la Ville de Rennes et Métropole, du Conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, du Conseil régional de Bretagne. Le groupe vertigo est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC Bretagne.

Pronom est à l'origine une commande et une production du National Theatre dans le cadre du Festival Connections en 2014. The Agency (London) Limited est agent théâtral du texte représenté.
Ce texte est lauréat de la Commission nationale d'Aide à la création de textes dramatiques-Artcena.
Cette série de représentations bénéficie du soutien financier de Spectacle vivant en Bretagne.
Texte édité aux Éditions NHB Modern Plays (version anglaise).
Crédit photo : Caroline Ablain, Robin Hammond / NOOR

Théâtre contemporain

Pronom est une histoire d’amour entre deux jeunes lycéens, dont l’un des deux a grandi identifié comme fille mais s'est toujours senti garçon, et vient de prendre la décision de commencer une transition pour changer de genre aux yeux de tous.

Le spectacle. La pièce raconte le parcours chaotique et particulier de ce couple, Josh et Dean, et de leur groupe d’amis.
On suit deux parcours : Celui de Josh qui essaye de se débrouiller avec la décision radicale de celui qu’il voit comme sa copine de devenir offciellement un garçon, alors que lui est amoureux mais “pas gay”. Et celui de Dean, pris entre relations amicales, attaches familiales, cabinets médicaux, équipe pédagogique du lycée et conseils avisés de son parrain spirituel : un poster de James Dean dans sa chambre avec qui il discute régulièrement de manière très cash. En parallèle se développent les histoires et les points de vue de la bande d’amis dont ils font partie. Le tout à un rythme effréné.

Pronom est un texte de l’auteur britannique Evan Placey, spécialisé dans le théâtre à destination des adolescents. Elle a eu un fort retentissement au Royaume-Uni, rencontrant un vif succès auprès des adolescents comme des adultes, de par son sujet mais aussi par le traitement inventif et intelligent qui en est fait, la virtuosité des dialogues et l’humour débridé qui traverse toute la pièce.

Extraits de presse

L'Humanité : « Avec Pronom écrit par Evan Placey, Guillaume Doucet et sa compagnie Vertigo parlent avec intelligence humour et tendresse du genre à l’heure du lycée. Loin des discours moralisateurs ou dogmatiques. »

Les Trois Coups : « Un spectacle d’un transgenre fabuleux. »

L'imprimerie nocturne : « Une comédie à la lisière du sentimental sans scorie lénifiante avec de jeunes comédiens au naturel ravageur, à la syntaxe moderne et à l’humour puisé dans une époque où « genre » se décline à toutes les sauces. »

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NOTE DE MISE EN SCENE


Il y a sans doute une théâtralité adolescente à creuser, comme le fait si bien la littérature ados pour le récit, et qui a sa place à part. Il ne s’agit pas simplement d’un intermédiaire entre jeune public et public adulte. Il s’agit d’un état d’être au monde, d’une ultrasensibilité, d’une pensée politique en construction et en mouvement. Les thèmes abordés n’ont pas à être plus légers que les thèmes adultes (dans la bonne littérature ados ce serait même plutôt l’inverse). La pensée est juste plus à vif, parfois plus manichéenne d’un point de vue extérieur, mais c’est aussi qu’un certain nombre de compromis, de tempérances et d’acceptations de l’âge adulte ne sont pas de mise. Les rythmes-mêmes sont différents, la manière de passer d’une idée ou d’une émotion à une autre. C’est ce territoire que nous avions envie d’explorer, sans hiérarchisation ni stéréotype, simplement avec une empathie plus précise pour une certaine tranche d’âge. Nous savions que nous avions envie de travailler sur la question du genre. A titre personnel, c’est une question qui m’occupe particulièrement. C’est une des grandes questions identitaires de notre société, que les adolescents prennent particulièrement en charge en ce moment. Traiter de cette question, c’est aussi bien sûr une volonté politique, alors qu’en France des centaines de milliers de personnes sont allées manifester, et c’est exceptionnel, pour que d’autres personnes n’aient pas les mêmes droits, au nom de leurs valeurs morales. Le nombre de suicides en France chez les adolescents homosexuels, ou dont l’identité de genre sort de la norme, est en augmentation très inquiétante depuis ces manifestations. Nous assistons à l’expression d’une poussée réactionnaire dont la parole et l’influence se déploient dangereusement.

Ne trouvant pas de texte à notre goût, et ne voulant pas mettre en place une forme didactique, nous nous apprêtions à écrire un spectacle. Et c’est là qu’est arrivé le coup de foudre pour cette pièce : Pronom d’Evan Placey. Le propos sur le genre est très fin (certaines situations ou idées sont mêmes rarement représentées), mais le texte n’est absolument pas didactique ni donneur de leçons. L’auteur passe par la comédie, le langage est formidablement bien ciselé et bien rythmé, les situations de jeu donnent envie, l’histoire est intelligente, les personnages sont surprenants et les figures adolescentes ultra-crédibles, le tout est très enlevé. Une perle.

Nous avons donc décidé de mettre en scène cette pièce, de la présenter à la fois dans des séances scolaires et tout public, de mener des ateliers tout au long de la création et de la diffusion du spectacle, et d’aller au bout de cette rencontre avec une pensée adolescente aiguisée qui nous paraît salutaire.

Guillaume Doucet