Route 1

Le Collectif du Prélude
Théâtre de rue

Mise en scène déambulatoire

Création 2018
Distribution
D'après : Route 1 de Carole Fréchette
Mise en route : Maxime Coudour & Fanny Imber
Comédiens : Teddy Bogaert, Maxime Coudour, Lucie Dordoigne, Fanny Imber, Lyazid Khimoum, Rachel Huet-Bayelle
Publics
Tout public
à partir de 8 ans
Durée
45 min
Médiation
interventions pédagogiques : nous consulter
Mentions
Production : Collectif du Prélude
Co-production et Résidence : CNAREP - Les Ateliers Frappaz
Résidences : CNAREP - Le Moulin Fondu, Animakt, le Studio-Théâtre de Charenton et le Lieu
Partenaires : ESAD - École Supérieure d’Art Dramatique de Paris, Mairie de Paris
Crédit photo : Joseph Banderet / Alexis Boullay

Spectacle de rue pour une route

Route 1 parle de brûlure, celle de la petite fille au napalm, celle de n’importe quel intime à vif. Route 1 parle de révolte, de détermination, d’inquiétude, d’hésitation et de tendresse.

Le spectacle. La pièce tire son origine de la célèbre photo de Nick Ut, Napalm Girl, prise pendant la guerre du Viêtnam.
Route 1, c’est l’histoire d’un nouveau départ. C’est l’histoire d’individus qui découvrent d’où ils viennent et choisissent de marcher ensemble vers un ailleurs inconnu.
À travers la déambulation de cinq personnages, Carole Fréchette nous livre dans Route 1, un cri d’optimisme : avancer coûte que coûte. Fuir la guerre, mais surtout, se retrouver, ensemble. À vif. Route 1 parle de révolte, de détermination, d’inquiétude, d’hésitation et de tendresse.
Route 1 c’est l’expérience à travers un spectacle d’un mouvement collectif qui renoue les histoires dans l’espace public : les histoires de chacun, l’Histoire du monde, l’histoire de cinq personnages.

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NOTE D'INTENTION

Le texte de Carole Fréchette puise son origine dans la célèbre photo de Nick Ut. L’image est choc. Une petite fille court toute nue, le regard hagard, hurlant de douleur. Elle vient d’être grièvement brûlée dans un bombardement au napalm. Elle s’appelle Kim Phuc. Elle a neuf ans. La photo de Nick Ut a été prise le 8 juin 1972, à Trang Bang, pendant le sanglant conflit vietnamien.
Si nous avons pu croire que notre génération était épargnée par la guerre, l’actualité nous rappelle quotidiennement que non. La guerre n’est plus mondiale mais le monde est toujours en guerre. Chacun est touché par le conflit en le subissant, le voyant, l’armant, le «larmant». Nous ne souhaitons pas traiter d’un conflit en particulier, ni même de la guerre en général. La guerre est pour nous l’élément déclencheur. Comme si, derrière tous, finalement il y avait le chaos. Marcher alors c’est choisir de vivre.

// LE SPECTATEUR AU CENTRE
Dans nos mises en scène, nous avons toujours questionné la place du spectateur. Il est au centre du processus créatif et peut expérimenter réellement certains des enjeux de la pièce. Un spectateur regarde et ressent. Mais agit-il ? Serait-il prêt à agir ? Que faut-il pour l’éveiller de la contemplation dans laquelle peut plonger un spectacle ? Nous souhaitons que le public reste aux aguets tout au long de la pièce. Notre mise en scène cherche à le rendre actif, alerte à ce qui apparaît ou disparaît. En plaçant le spectateur au coeur de notre réflexion, nous questionnons ici la position du reporter : comment photographier celui qui tombe quand on pourrait l’aider à ne pas tomber ? Quelle est l’importance ou l’utilité de rapporter l’horreur ? Regarder et/ou agir ? Pour transposer cette réflexion dans Route 1, nous avons choisi de faire du son une partie intégrante. Il n’est pas seulement un accompagnement, il est l’un des personnages principaux. La présence d’un comédien/technicien à vue devient le souvenir de la présence du photographe, de celui qui se retrouve, ni tout à fait dans l’action théâtrale ni tout à fait spectateur, une sorte de témoin.

// UN SPECTACLE DE ROUTE
Cette pièce est l’histoire d’une marche. Dans un dispositif sonore et visuel, les comédiens avancent vers le public qui expérimente lui aussi ce mouvement. La rue est un espace public sur lequel les pas et les mots s’inscrivent. L’avantage de la rue permet de confronter un espace quotidien (riche en transformation et en histoire) à un espace théâtral, le temps d’une représentation. La rue est aujourd’hui le premier lieu de la prise de pouvoir, de parole, le lieu des marches et des discours. C’est là qu’on circule, c’est là qu’on bloque, c’est par là qu’on avance. Ici, privés de leur territoire originel par la guerre, mis à mal dans leur identité, les personnages fuient. Le temps de la marche, ils vont tenter de redevenir acteur de leur vie. Dans la pièce, les jeunes personnages marchent vers et tentent de comprendre ce qui les meut. Leur jeunesse, avec sa révolte, son espoir et ses illusions, devient le coeur du propos. La route comme espace de représentation a un écho direct avec la région et ses habitants. Par le théâtre, elle devient ce lieu universel, intemporel.

// LA FORCE DU COLLECTIF
L’aventure des personnages devient pour nous une aventure théâtrale. Jeune compagnie, nous avons trouvé l’unité et la force de notre groupe dans la rue, sur les routes. Nous nous considérons comme des acteurs-créateurs engagés, en action dans la société, créant dans l’idée que nous participons à un mouvement, sans pour autant avoir de certitude. C’est en cela, que cette pièce nous concerne. L’envie de crier, sans avoir l’assurance d’être entendus ou de trouver les bons mots. Dans Route 1, ce cri est d’abord solitaire. Il est celui qui subit, désintégré par la guerre, esseulé, privé de liens et de proches. Ce que les personnages tentent de faire est de retrouver la force du collectif. Ce n’est pas pour nous une pièce pessimiste. C’est l’espoir et la vie qui font le mouvement.

Le Collectif du Prélude