Artemisia Gentileschi

Le groupe vertigo

En 1612 en Italie a lieu le procès du peintre Agostino Tassi pour le viol de la jeune peintre Artemisia Gentileschi. Les enjeux de ce procès, qui a agité pendant neuf mois la Rome de la Renaissance, résonnent spectaculairement avec les situations que nous affrontons quatre siècles plus tard.

En mêlant reconstitution, mythe et regard contemporain, Artemisia Gentileschi raconte avant tout l’histoire d’une femme qui s’est défendue et a pris sa revanche à travers son art, avant de devenir une des plus grandes peintres de son temps.

THÉÂTRE CONTEMPORAIN

Tout public / scolaires
À partir de 14 ans
Durée : 1h30

www.legroupevertigo.net

NOTE D’INTENTION

En découvrant les transcriptions du procès d’Artemisia Gentileschi, j’ai été tellement frappé par l’actualité des enjeux et des prises de paroles que j’ai d’abord cru qu’elles avaient été réinterprétées. Mais non, leur modernité brûlante est vraiment contenue dans les pages soigneusement rédigées à l’époque, et les mécanismes alors en œuvre ont tout simplement perduré jusqu’à nous.

On y retrouve d’abord la décrédibilisation de la victime. L’agresseur va chercher à tout prix à exposer publiquement les faiblesses morales de sa victime, à rassembler ou créer de toutes pièces des témoignages allant dans ce sens. On y retrouve aussi la question classique du délai injustifiable avant la réaction de la victime. Si Artemisia a été violée comme elle le prétend, demande l’accusation, pourquoi a-t-elle mis plus d’un an avant de porter plainte ? N’est-ce pas une démarche opportuniste après coup, pour salir la réputation d’un homme ? On y parle aussi du la tétanie liée au phénomène de sidération (pourquoi ne s’est-elle pas plus violemment défendue ?)

En creusant la vie et le comportement d’Artemisia Gentileschi, le tribunal finit forcément par y trouver des “faiblesses”, de celles qui font, comme aujourd’hui, qu’aucune victime n’est la victime parfaite.

On y retrouve les témoignages lâches ou héroïques des personnes alentour, l’impossibilité à fournir des preuves, le “parole contre parole”. Mais aussi les fourches caudines sous lesquelles doit passer la victime pour être entendue, depuis les examens gynécologiques qu’elle doit subir jusqu’au récit intime de son agression qu’elle va devoir délivrer à plusieurs reprises aux différentes étapes de la procédure. Et puisqu’il s’agit ici d’un artiste travaillant à la cour du Pape, avec de forts soutiens politiques et artistiques, face à une jeune peintre inconnue, on y retrouve aussi tous les mécanismes de protection d’un artiste reconnu par ses pairs et par l’institution, et l’absence de prise en considération de la place sociale de l’autre, oubliant totalement le fait que la victime est elle-même une artiste.

En pleine résonance du mouvement #MeToo en France, ce procès et ce spectacle prennent bien évidemment un écho particulier. Mais il est justement tellement évident qu’il va pouvoir nous éviter de produire du discours, de réduire la pensée et les enjeux à l’œuvre aujourd’hui. Cette distance de quatre siècles va nous permettre d’aborder le sujet “par la bande”, en nous intéressant à une histoire particulière, dans le milieu si spécifique de la peinture de la Renaissance. Ainsi nous pourrons, au plateau, passer par le sensible et sortir de tout didactisme, ce qui est pour moi essentiel (et particulièrement précieux sur ce type de sujets d’actualité).

Nous allons avant tout raconter une histoire, à partir de matériaux réels. Et c’est cette histoire d’Artemisia, remise en jeu avec humour et avec la plus grande empathie possible, qui portera en elle les conclusions que chacun.e voudra y trouver.

Nous allons lui redonner la parole.

Avec constamment cette préoccupation à l’esprit : faire passer de l’être, pas du discours.

Guillaume Doucet

DISTRIBUTION

D’après le texte « It’s true, it’s true, it’s true » d’Ellice Stevens et Billy Barrett, et les transcriptions du procès intenté à Agostino Tassi en 1612.
Traduction, adaptation et mise en scène : Guillaume Doucet
Régie générale : Adeline Mazaud
Avec : Gaëlle Héraut, Philippe Bodet, Bérangère Notta, Chloé Vivarès
Création et régie lumière : Nolwenn Delcamp-Risse (alternance régie Adeline Mazaud)
Création et régie son : Maxime Poubanne (alternance régie Anthony Tregoat)
Costumes : Cassandre Faës, Anna Le Reun
Effets spéciaux : Franck Limon-Duparcmeur
Photographies : Caroline Ablain
Captation et teaser : Guillaume Kozakiewiez et Pierre-Yves Dubois
Production : Claire Marcadé
Administration : Marianne Marty-Stéphan, Marine Gioffredi

MENTIONS

Production : Le groupe vertigo
Coproduction : DSN, Dieppe Scène Nationale, L’Archipel Pôle d’Action culturelle- scène de territoire pour le théâtre de Fouesnant-les-Glénan, Théâtre du Pays de Morlaix, Centre Culturel Jacques Duhamel – Vitré, La Fédération d’associations de théâtre populaire (FATP)
Avec l’accueil en résidence de : Centre Culturel Athéna – Auray, Les Espaces Culturels Thann-Cernay, Centre Culturel Le Sillon et l’Arche – Pleubian, Le Grand Logis – Bruz, Théâtre de Lorient, Centre Dramatique National
Avec le soutien de : Oésia – Notre-Dame-d’Oé, L’Hermine – Sarzeau, ATP Vosges, ATP Orléans, ATP Poitiers, ATP Roanne, ATP Millau, ATP Dax, ATP de l’Aude, ATP Nîmes, ATP Uzès, ATP Villefranche-de-Rouergue, ATP Millau
Partenaires institutionnels : Avec le soutien de la Ville de Rennes, Conseil Départemental d’Ille et Vilaine, Région Bretagne.
Le groupe vertigo est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC Bretagne.
Mécénat : Artcento