La Révérence

Collectif la poursuite

La Révérence, traduction de l’italien « Inchino », c’est le nom de la manœuvre que font les paquebots lorsqu’ils naviguent au plus près des côtes. C’est une attraction risquée, demandée par les croisiéristes et les habitants des côtes qui en profitent eux aussi. D’un bord à l’autre, ils se saluent, les yeux émerveillés par les lumières de la côte et les centaines de hublots illuminés. Cette manœuvre, de nombreux paquebots la faisaient… jusqu’au naufrage du Concordia en janvier 2012…

À partir de ce drame et des multiples événements et rebondissements qui l’ont suivi, Hala Ghosn et son équipe d’acteurs-auteurs, vidéastes et musiciens interrogent la notion de responsabilité individuelle et collective. Leur écriture mêle investigation, fiction, évocations oniriques et réflexions intimes.

AVIGNON 2021
Au 11 • Avignon
18h20

THÉÂTRE CONTEMPORAIN

Tout public / scolaire
À partir de 12 ans
Durée : 1h30

▶ Dossier
www.lapoursuite.org

NOTE D’INTENTION

L’Inchino en Italien (la révérence), c’est le nom de la manœuvre que font les paquebots lorsqu’ils naviguent au plus près des côtes. C’est un spectacle pour les touristes qui sont en mer et pour ceux qui sont à terre. D’un bord à l’autre ils se saluent, les yeux émerveillés par les lumières de la côte et les centaines de hublots illuminés. Cette manœuvre, les bateaux de Costa Croisières la faisaient. C’était une attraction, risquée certes, mais demandée autant par les touristes et la direction de la Costa que par les habitants des côtes qui profitaient eux aussi de ces passages.

Le Concordia transportait à son bord 4 231 passagers et personnels de bord, officiers, matelots et hôteliers lorsqu’il a percuté le Scole, un récif proche de l’île du Giglio, dans la nuit du 13 janvier 2012. Son inchino a provoqué une tragédie. 32 personnes ont péri. 4199 sont revenus à terre. On dénombrait à bord près de 44 nationalités et presque autant de langues différentes. Le Concordia n’a pas sombré, il s’est échoué. Cette manoeuvre, attribuée au “hasard chanceux” par certains, à la compétence du commandant pour d’autres, a sauvé des milliers de vies.

Que nous raconte cette tragédie aujourd’hui ? Dans l’inconscient collectif, le naufrage du Concordia, c’est l’histoire de ce commandant qui quitte un navire en train de sombrer, sans se préoccuper d’évacuer les passagers. « C’est l’histoire d’un frimeur italien qui a raté son coup et qui s’est sauvé comme un lâche”. Le naufrage a fait la une de tous des médias internationaux. Il a eu, en Italie, un retentissement politique conséquent. La marine italienne est une fierté. C’est tout un pays s’est senti bafoué, humilié, attaqué. Ce qui s’est déroulé dans la passerelle de commandement cette nuit-là, et l’enchainement des événements qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui ont dépassé la tragédie humaine. Concordia a pris une dimension politique. Le commandant Schettino est devenu l’incarnation de la déroute politique italienne, de la désinvolture et de l’égoïsme, de l’irresponsabilité de ses dirigeants. Le Concordia est devenu le symbole du naufrage du Navire Italie…

Au delà de la tragédie humaine, la naufrage du Costa Concordia questionne notre capacité à accueillir un événement dans sa complexité. Un bateau de croisière est une micro-société, un concentré d’une société marchande, d’une société de loisirs qui demande du “spectacle”. Un paquebot est dirigé par un commandant qui a sous ses ordres un équipage très hiérarchisé. Bien que le commandant soit maître à bord, il doit respecter les injonctions de la compagnie qui l’emploie. Quelles sont les responsabilités des uns et des autres lorsque l’accident survient ? Pourquoi l’équipe de quart présente dans la passerelle n’a-t-elle pas relevé les incohérences de la préparation de la navigation, ni le rapprochement excessif de la côte ? Comment expliquer que cette même équipe n’ait pas pris les décisions urgentes, ou ait tardé à les prendre ? Le rapport décrit un commandant complètement inconscient de la gravité de la situation et un équipage qui suit passivement ses consignes… La Costa avait-elle expressément demandé au commandant de créer le “spectacle” en pratiquant cette “révérence” ? Les preuves de cette demande ont-elles existé ? Le commandant a-t-il réellement «abandonné» le navire ? L’accident fatal est-il la responsabilité d’un seul homme ?
Un tel événement tel peut-il réussir à nous interroger nous-mêmes, notre rapport au monde et aux éléments, à la catastrophe, à interroger nos attentes ?
Tous ces éléments ont été des pistes d’écritures (à la table et au plateau), pour interroger la notion de responsabilités individuelles et collectives. Nos recherches ont mêlé nos diverses interprétations de cette tragédie, fiction internes, nos investigations et nos réflexions intimes.

Hala Ghosn

DISTRIBUTION

Idée originale, Mise en scène & Écriture : Hala Ghosn
Dramaturge associé : Ronan Chéneau
Jeu & Écriture de plateau : Lina-Hélène Bosch, Gautier Boxebeld, Darko
Japelj, Kimiko Kitamura, Jean-François Sirérol
Créateur sonore & musicien live : Grégory Joubert
Collaboration artistique : Nicolas Petisoff
Scénographie : Damien Schahmaneche
Créateur Vidéo : David Moreau
Créateur Lumière : Louis Sady

MENTIONS

Production déléguée : FAB – Fabriqué à Belleville
Production : La Poursuite
Coproductions : DRAC Normandie, Région Normandie ; Le Volcan, Scène nationale du Havre ; Théâtre Le Passage – Scène conventionnée de Fécamp ; Le Rayon Vert – Scène conventionnée de Saint Valery-en-Caux ; Espace Marcel Carné, Saint Michel-sur-Orge – (Hala Ghosn – artiste associée 2019/20) ; Théâtre du Cloître – Scène conventionnée de Bellac.
Soutiens : Spedidam, L’Aire Libre, Saint Jacques de la Lande ; L’Éclat, Pont Audemer ; L’Étincelle – Ville de Rouen ; Département de l’Essonne, ASTP
Partenariats : vinsetonnants.com et smol.org

Crédit photos : Thierry Laporte