NUIT

Cie Coup de Poker

« Children… ? »

Voici un conte nocturne, entre polar et comptine, un conte qui réveille nos peurs les plus anciennes, un conte où les enfants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, un conte où nos valeurs sont à réinventer.

Marqué par La Nuit du Chasseur (Charles Laughton, 1955), Guillaume Barbot en revisite les thèmes essentiels à travers ses souvenirs déformés : l’argent comme première religion, l’injustice du monde des adultes, le parcours initiatique des enfants pour échapper à la figure paradoxale du chasseur-prêcheur, le renversement absolu des valeurs communes…

La compagnie propose un théâtre brut où acteurs et spectateurs sont ensemble dans le même espace, la même sensation. Une immersion totale dans ce conte nocturne inouï.

Reprise en décembre 2021
au Théâtre 13 / Paris

THÉÂTRE CONTEMPORAIN

Tout public / scolaires
À partir de 14 ans
Durée : 1h35

▶ Dossier
www.coupdepoker.org

NOTE D’INTENTION

A L’ORIGINE DE CE PROJET, un film qui a marqué mon enfance, comme celle de beaucoup d’autres : La Nuit du chasseur et les célèbres doigts de Robert Mitchum où sont tatoués les mots Hate et Love. Quinze ans plus tard, je me rends compte que ma mémoire a transformé la réalité. Je me suis inventé au fil du temps un tout autre film. La trame centrale, bien sûr, était toujours la même, mais mon imaginaire a accentué des images, des sons, retraduit des scènes, ajouté des personnages, des regards. Cette déformation, ou plutôt cette surimpression est le point de départ de notre travail.

Je mets en scène les souvenirs que l’on a du film et du roman, et non pas les œuvres telles quelles. Nos nos échos, nos secrets, nos peurs nées de ce poème énigmatique.

Nous traduisons par une écriture de plateau et un univers visuel et corporel les sensations qui nous ont marqués. Tout n’est qu’un long cauchemar où les paroles et les identités se dédoublent. C’est cet endroit de vertige qui nous intéresse. L’empreinte de cette Nuit du Chasseur, comme un vieux rêve qui ne se décolle pas de la rétine. Se réunir autour d’une mémoire collective et, à travers différentes écritures, chercher pourquoi et comment ces histoires nous sont intimes et vitales.

UNE HISTOIRE DE FAMILLE INTEMPORELLE

Le fils décide de se débrouiller entre enfants car il ne croit plus aux adultes. C’est de son point de vue, de son souvenir que les nuits se déploient. Il doit se souvenir, le tribunal lui demande de raconter, sa mémoire fait un tri, entre sens et sensation. Avec un lourd secret, celui de l’argent, seul héritage du père, le fils traverse un long parcours initiatique.

Du conte nocturne d’une enfance volée nous plongeons dans le cauchemar du fils confronté à son double inavoué : un étrange prêcheur… Course poursuite dans sa
mémoire, dans nos mémoires, avec quelques mots, presque rien, accrochés à nos peurs ancestrales, à cette chasse qui ne s’arrête plus. Série de flash où l’espace se trouble, où les repères se perdent, où l’eau noire envahit petit à petit la mémoire affolée d’un enfant de dix ans…

UN RENVERSEMENT DES VALEURS

C’est un spectacle sur les adultes enfants et les enfants adultes, sur l’argent roi mais l’argent invisible, sur le sacrifice qui sauve mais le sacrifice qui condamne, sur Dieu assassiné et ressuscité selon les besoins, sur les figures d’autorité qui sont inversées, sur la seule peur qui maintient vivant – le père puis la mère n’ont plus peur, ils meurent, la fille est trop innocente pour avoir peur, elle meurt, seul le fils a peur et survit… mais à quel prix ? au nom de quelle valeur ?

C’est un spectacle sur nous, enfants brûlés, qu’on a privé de parole. Sur nous, condamnés au silence. Sur nous, derniers à encore pouvoir réchauffer le monde. Car, si on nous donne la nuit, on propose un volcan. Ce n’est pas la peur d’être électrocuté qui nous arrêtera.

Guillaume Barbot

DISTRIBUTION

D’après le film La Nuit du Chasseur de Charles Laughton
Ecriture et mise en scène : Guillaume Barbot
Avec : Yannik Landrein (le fils), Zoon Besse (le Prêcheur), Sophie Lenoir (la mère), Hélène Chevalier (la fille), Johan Bichot (Le père)
Collaboration artistique : Céline Champinot
Compositeur et musicien live : Pierre-Marie Braye-Weppe
Scénographie, masques et costumes : Cécilia Delestre, assistée de Camille Testa
Création lumières : Maryse Gautier , assistée d’Henri Leroi
Création sonore : Sonia Virly et Julien De la Hautemaison

MENTIONS

Coproduction : Théâtre des 2 Rives – Les théâtres Charenton, Théâtre de St Maur, La Ferme du Buisson – Scène nationale de Noisiel, Théâtre de Rueil Malmaison
Avec le soutien de : la DRAC Ile-de-France, Les ateliers du Grand T à Nantes, Théâtre de Choisy le roi, Adami, Spedidam, Département de Seine-et-Marne, Département du Val-de-Marne

Prix des Lycéens – Festival Impatience 2015 (Théâtre de la Colline)

La Cie Coup de Poker est conventionnée par la DRAC Ile-de-France. La Cie Coup de Poker est associée au Théâtre de Chelles, à DSN Scène nationale de Dieppe, et en compagnonnage avec L’Imprévu Centre Culturel de Saint-Ouen l’aumône.

TÉLÉRAMA TT : Nuit, prix des lycéens du Festival Impatience 2015, est adapté de l’unique film de Charles Laughton ‘La nuit du chasseur’. Ce qu’en tire Guillaume Barbot en terme d’écriture scénique, d’atmosphère, est stupéfiant. Il recrée et réinvente l’ambiance glauque et tordue des cauchemars d’enfance, la lourdeur moite et insaisissable des mystérieuses terreurs enfantines. Sur scène surgissent alors peu à peu en chaque spectateur des fantômes oubliés, des sensations et des impressions depuis longtemps perdues. D’images crépusculaires, Guillaume Barbot fait sourdre en chacun son noir cinéma intime, son obscur théâtre intérieur. Qui échappe si souvent aux mots…

THEATRES.COM : Le résultat envoutant est un long cauchemar, un labyrinthe expérimental peuplé de fantômes qui hypnotisent le spectateur. (…) C’est la forme qui séduit ici à n’en pas douter, les tableaux sont soignés, la scénographie particulièrement foisonnante. L’atmosphère crépusculaire, énigmatique, propre à l’univers du cauchemar immerge le spectateur dans un flot de sensations ininterrompues accentuées par la création sonore interprétée en live. Au sein de cette nuit fantasmagorique l’impression et la perception priment, le mot est pesé, rare économisé au profit de cette esthétique puissante. Le corps tient une place de choix dans ce travail. A ce titre il nous faut préciser que les prestations dansées de Johan Bichot sont d’une beauté saisissante. Assurément le théâtre de Guillaume Barbot se vit plus qu’il ne se raconte.