Vampyr

Caliband Théâtre

Le mythe de Dracula est ici revisité. Les personnages et le public pénètrent dans un monde obscur, un cauchemar vivant qui contamine progressivement la « réalité » de la représentation. Ambiances, musiques, sons et images évoquent les motifs et la figure du vampire, issus du roman de Bram Stoker. Le spectateur, comme Jonathan Harker (premier protagoniste du roman), emprunte ce chemin qui mène du réel au rêve, de l’incrédulité à la folie, vers une abolition des frontières entre terreur, fantasme et réalité, un chemin qui va permettre d’aborder le récit de plusieurs manières et sous plusieurs angles : dérèglement des sens, délire sensuel, vision horrifique et réflexion sur le thème de la vampirisation.

Dans un clair-obscur où le noir prédominant lutte avec la lumière et le blanc aseptisé de l’hôpital où se déroule une partie de l’histoire, des visions fantastiques émergent…

THÉÂTRE CONTEMPORAIN

Tout public
À partir de 12 ans
Durée : 1h20

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NOTE D’INTENTION

Cette adaptation, à travers la vidéo, le théâtre, la danse et la musique, emprunte aux figures monstrueuses et puise dans les univers du cinéma et de la littérature fantastiques : Dracula (Stoker, Coppola, Tod Browning), Nosferatu (Herzog, Murnau),… Elle fait également référence à tous les univers angoissants du cinéma sur les milieux psychiatriques ou cliniques.

Les enjeux dramatiques sont le plan onirique, subliminal, la folie, la métamorphose, la vampirisation (mentale et physique). Les personnages sont progressivement habités par une figure centrale, incarnation du mal absolu / masque terrifiant du vampire, et qui constitue l’arrière-plan de toutes les actions.

La vidéo en « direct » et les images vont jouer un rôle important (scènes filmées en direct / collage d’images référentes projetées sur l’écran fragmenté du décor). Créer un décalage, une « inquiétante étrangeté », un abîme où les terreurs refoulées et les fantasmes se dévoilent…

Le décor repose sur un pont de lumières où seront accrochés des tulles blancs verticaux donnant l’illusion de murs blancs mais entre lesquels des passages permettent un jeu d’apparitions et la projection du dispositif vidéo, tourné à la fois en direct et mélangé à des images préenregistrées…

Nous sommes au coeur de la folie qui semble traverser et menacer chaque personnage, aux prises avec ses visions cauchemardesques et ses pulsions morbides. La même paranoïa semble contaminer tous les protagonistes, comme une sorte d’allégorie de l’état du monde… Le sujet de la vampirisation guide cette réflexion sur différents thèmes : le cauchemar, la peur, le mal, la frontière entre raison et folie, les pulsions de vie et de mort, le désir et le refoulement, le rapport au vivant, à la mort, au corps, la manipulation, la société de contrôle,…

Cette forme hybride qui tient de la performance puise dans les codes du genre fantastique, qui ont nourri notre imaginaire collectif à travers la littérature, les films ou les séries. Elle questionne en même temps la part sombre de notre Histoire et de nos sociétés modernes, avec ces notions de contrôle, de vampirisation et de « mal » destructeur.

La manipulation est le sujet central, qu’elle concerne les individus ou le collectif, notamment par le biais de l’image ou du discours. Cette histoire fantastique est le miroir déformant de la manipulation « vampirique » qui nous entoure… qu’elle soit visible ou non, qu’elle soit légale ou criminelle.

Qui se cache à l’heure actuelle derrière ce visage de vampire créé par Bram Stoker à la fin du 19ème siècle ? C’est toute la question posée à travers cette forme. Est-ce cette pulsion de mort, cette figure symbolique du mort-vivant assoiffé de sang, qui régit dans l’ombre nos sociétés, et dont nous serions les victimes ?

Mathieu Létuvé

DISTRIBUTION

Adaptation et mise en scène : Mathieu Létuvé
Comédien·nes : Laura Chapoux, Aure Rodenbour, Benjamin Bécasse-Pannier, Jean-François Levistre, Vincent Poirier, Antoine Roger
Danseur·se : Marine Wroniszewski & Frédéric Faula
Musique : Esteban Fernandez
Régie générale : Hervé Grignon
Régie lumières : Marie Roussel
Régie son : Titouan Bartean
Régie et création vidéo : Antoine Aubin
Costumes : Jane Avezou, Iter’Action Pont-Audemer
Photos : Arnaud Bertereau
Captation et teaser : Florent Houdu

MENTIONS

Production : Caliband Théâtre
Coproduction : l’Étincelle, Théâtre(s) de la Ville de Rouen
Soutiens : Expansion artistique à Grand Quevilly – Le Prisme à Élancourt