Après Une goutte d’eau dans un nuage, la Cie Microscopique poursuit son travail d’écriture sonore et nous emmène dans l’obscurité des bois, pour un conte inquiétant qui brouille les pistes entre proies et prédateurs.

Comme souvent dans les contes, il y a les chemins que l’on prend et la nuit dans laquelle on se perd. Et puis il y a un loup. Il y a Lou et toutes les meutes qu’elle croise, les familles, les clans, les liens qui la retiennent, comme autant d’attentes et d’injonctions imposées par le groupe. Une histoire d’appartenance et d’exclusion, d’amour et de trahison, d’engagement et de fuite. Une histoire de femme et de forêt, de tout ce dont l’homme pourrait se croire le maître, où l’on traverse des terreurs enfantines, diffuses et sans visages et celles autrement dangereuses qui peuplent nos rapports humains. À la lisière des rêves comme la lisière des bois, mêlant récit, musique et vidéo, cette traque construite en trois épisodes nous tient en haleine jusqu’à ne plus savoir qui dévore et qui se fait dévorer.

THÉÂTRE CONTEMPORAIN

CRÉATION JANVIER 2024
Châteauvallon – Liberté
Scène nationale

Tout public
Durée : 1h40

À partir de 14 ans

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NOTE D’INTENTION

Les Meutes avance à pas de loup, comme une plongée progressive dans l’obscurité des bois. Cette pièce, qui s’écrit avec les sons, les images et les imaginaires de la forêt – celle que dessinent les cimes et celle qui hante les villes – est un récit de jeunesse qui se poursuit adulte.

Il y sera question de loups et de meutes, les sauvages et les civilisées. En pelages ou en costumes. Dans les vallons des montagnes comme dans les cours d’immeubles. De famille et de trahison, d’appartenance et d’exclusion, de chemins qui se séparent. Il y sera question de « meutes » comme autant de liens qui nous retiennent, nous portent ou nous empêchent. Les chapelles, les coutumes, les injonctions et attentes imposées par le groupe. La peur de décevoir, d’être rejeté, les désirs de fuite et de liberté. Une histoire sociale, d’emprise et d’identité. Une histoire de famille aussi, avec ce que l’on raconte et ce que l’on tait.

On y parlera de femmes et de forêt. De tout ce qui est libre et risque d’être emprisonné. De tout ce dont l’homme pourrait se croire le maître. Une histoire d’émeutes aussi, dans laquelle il s’agira de s’enforester.

On y parlera de mémoire et d’héritage, au regard du Il était une fois et il n’était pas de Clarissa Pinkola Estès. Comment les choses se sont-elles réellement passées ? Comment distinguer la vérité parmi les vérités de chacun, les interprétations, les glissements de sens, les déplacements de terrain ? C’est dans cette superposition de strates qui constitue le réel que le récit prendra la liberté des détours, ellipses. À la manière du pistage, remonter les traces de nos histoires et de nos psychés comme on traquerait les pas d’un animal.

Le réel et la fiction, mais aussi l’ombre et la lumière, ce qui est caché, secret. Le Bien et le Mal, Dieu et le Diable, le juste et l’injuste… Une tension manichéenne mise en lumière pour mieux la saper, afin qu’on ne sache plus très bien si les personnages sont des hommes ou des animaux, si l’on se trouve dans la ville ou dans une forêt profonde, s’il faut sourire, avoir peur, courir ou se cacher. Comme la matière épaisse des rêves éveillés, où la frontière est floue.

Eloïse Mercier

DISTRIBUTION

Écriture et mise en scène : Eloïse Mercier
Avec : Eloïse Mercier et Gautier Boxebeld
Création sonore : Vincent Berenger
Collaboration artistique : Sophie Engel
Regard extérieur : Noé Mercier
Création vidéo : Vincent Berenger et Eloïse Mercier
Création lumières : Jean-Louis Barletta
Scénographie : Eloïse Mercier
Construction décor : Jean Louis Barletta
Costumes : Augustin Rolland
Arrangements et mixage : Charlie Maurin
Conseils magie : Docteur Mozz

MENTIONS

Production : La Compagnie Microscopique
Coproductions : Châteauvallon-Liberté scène nationale ; La Passerelle, scène nationale de Gap et des Alpes du Sud ; le PÔLE, Arts en circulation, scène conventionnée d’intérêt national ; Théâtre d’Angoulême, scène nationale
Accueil en résidence : l’Espace des Arts du Pradet.
Avec le soutien de : la DRAC Sud-PACA, de la Région Sud-PACA, du Département du Var, de la Communauté d’agglomération Toulon-Provence-Méditerranée (TPM) et de la Ville de Toulon.